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Les conclusions de la médiatrice, Marie-Line Meaux
Pas de surprise hier après- midi à la sous-préfecture de Bayonne. La médiatrice n'a pas évoqué la possibilité du maintien de la ligne ferroviaire actuelle entre Bayonne et la frontière, mais a rappelé avoir juste répondu à sa mission d'insérer au mieux la ligne nouvelle dans l'environnement. « J'étais là dans le cadre d'une mission, non d'une médiation », insiste Marie-Line Meaux, au moment de présenter le contenu de ses trois mois de travaux au Pays basque.

Le décor est planté, et ne satisfait évidemment pas les élus opposants à la ligne au sud de Bayonne. « J'ai été très sensible au discours des élus et des associations que j'ai rencontrés. Leur tonalité d'inquiétudes se comprend, mais je sais aussi que je n'ai pas répondu à ce qu'ils attendaient, ce n'était pas ma mission »,
confirme-t-elle.

Marie-Line Meaux a, en revanche, apporté des éclaircissements précieux sur les effets du passage de la LGV, en épargnant la « quasi-totalité des zones sensibles ». Une vingtaine recensée au total. Ces zones peuvent être « évitées dans leur quasi-totalité », ce qui permet « de faire face aux principales contraintes humaines et environnementales ». Au passage, elle a pointé du doigt que le projet espagnol était un peu trop haut à son goût. D'après la « simulation virtuelle raisonnée » qu'elle a présentée (en 3D) sur un fuseau qui mesure toujours 1 000 mètres de large, 2 200 constructions sont concernées par le tracé au Pays basque, 140 dans le sud des Landes. Elle estime, au final, qu'une soixantaine de maisons seraient touchées par la LGV, une dizaine dans le sud des Landes. Elle a pris en compte les terres agricoles, environ 1 000 hectares, se réjouissant qu'aucune ne soit classée en AOC, « c'est plus facile à gérer ». Elle a basé ses calculs sur le tracé Tours-Bordeaux.

Observatoire du bruit
« La ligne ne sera jamais invisible, ni indolore », confirme la médiatrice. Toujours selon ses études, 35 % de la ligne sera enfouie, 47 % en considérant les viaducs. Quelque 5 km de viaducs devraient ainsi être construits pour franchir les principaux cours d'eau de la région - Adour, Nive et Nivelle - selon ce projet encore « virtuel ». Elle n'a pas manqué d'évoquer les nuisances que peut provoquer une LGV, rappelant « l'obligation de résultats » de Réseau ferré de France. « Il faut faire en sorte qu'aucune construction ne se trouve au-delà du faisceau réglementaire admissible, c'est un engagement compliqué, moi, je dis que c'est une obligation, et je propose de solliciter l'observatoire du bruit ferroviaire contradictoire, le moment venu. »
Et de marteler : « On a les moyens pour que la ligne nouvelle trouve sa place dans le territoire, avec l'impact le plus faible possible. Avec une attention particulière autour d'une charte paysagère et architecturale. Je propose d'ailleurs que l'autorité environnementale soit saisie d'une demande de cadrage des études d'impact. » Des propos rassurants, à défaut d'être convaincants pour les opposants. Sur le deuxième fuseau, non retenu, elle a confirmé que, situé, en zone Natura 2000, le chantier était trop difficile à mettre en œuvre.


La mission de Marie-Line Meaux, débutée le 4 février dernier touche à sa fin. Après avoir présenté ses conclusions aux élus et aux associations, l'inspectrice générale de l'administration et du développement durable va maintenant rendre son rapport au Premier ministre dans les prochains jours.

Un médiateur nommé dans le Pays-Basque

Le fax est tombé à la Communauté de communes Sud Pays basque, à 14 h 59, lundi 01 février 2010. La lettre, signée du Premier ministre François Fillon, précise que le médiateur pour la LGV au Pays basque est nommé. Il s'agit de Marie-Line Meaux, inspectrice générale de l'administration du développement durable.

Les élus des intercommunalités Sud Pays basque, Errobi et Nive-Adour ont ainsi été écoutés par l'État. Ce sont eux les premiers qui demandaient la nomination d'un médiateur pour étudier les possibilités de passage du trafic voyageur et fret sur la ligne existante entre Bayonne et la frontière.

L'intitulé de la mission de la médiatrice ne répond cependant pas aux requêtes des élus. Le courrier de François Fillon stipule qu'« en lien étroit avec les acteurs et les élus locaux », le médiateur doit travailler « à la meilleure insertion possible de la ligne nouvelle dans le paysage », et qu'« une concertation complémentaire soit conduite ».

« Donner nos arguments »

Mais les élus ne font pas la fine bouche. « On est heureux que François Fillon ait répondu à notre demande même si la mission n'est pas tout à fait ce que l'on souhaite. On parle de concertation et de dialogue, on échangera donc nos points de vue. Comptez sur nous, on lui fera passer le message et l'on fera valoir nos arguments », annonce Michel Hiriart, président de Sud Pays basque.

Face aux tentatives de récupération de l'initiative par certains candidats aux élections régionales, le maire de Biriatou n'est pas mécontent d'avoir été, avec Paul Baudry et Roland Hirigoyen, le premier destinataire de la missive.

Est-ce le chiffre de la mobilisation à Hendaye (15 000 personnes) le 23 janvier dernier, qui a motivé un peu plus le Premier ministre à répondre favorablement aux élus ? En tout cas, cette nomination apparaît comme un pas supplémentaire dans la concertation. Le médiateur doit rendre son rapport d'ici à la fin du mois de mai.

Ce qu'ils en disent

Victor pachon (cade). J'espère qu'il fera beau lorsque la médiatrice viendra, et qu'elle pourra faire un peu de tourisme. Car si elle arrive avec un cadre aussi étroit, c'est que ceux qui la nomment se moquent des populations. Mais bien entendu, si la médiatrice le souhaite, nous la rencontrerons. Nous ne refusons pas le débat.

Roland Hirigoyen, président de la communauté Nive-Adour. Nous sommes entendus. Ils ont compris en haut lieu que le rouleau compresseur ne pouvait éviter élus et population. Nous allons essayer de faire valoir notre position et espérons que le médiateur nous entendra.

Jean-Marie Berckmans, président de la CCI
. Je me réjouis que le Premier ministre ait nommé un médiateur sur le projet LGV afin de rapprocher les positions qui sont aujourd'hui trop conflictuelles. Selon moi, l'objectif prioritaire de ce médiateur est de renouer le dialogue entre RFF et les opposants au projet afin d'aboutir à la solution d'un respect environnemental très performant et d'un accompagnement individuel des résidents qui craignent de subir cette ligne dans leur qualité de vie.

Auteur : pierre sabathié p.sabathie@sudouest.com
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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