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Le Préfet gèle les terrains autour du projet de LGV
Arrêté préfectoral
Arrêté préfectoral n° 2010299-10 du 26 octobre 2010 
Direction départementale des territoires et de la mer, télécharger l'arreté en pdf arréte
Article premier. Est prise en considération la mise à l’étude du projet de travaux publics de la Ligne à Grande Vitesse GPSO et l’aménagement des lignes ferroviaires existantes Bordeaux-Hendaye Sur Le Territoire Des Communes De Ahetze, Arbonne, Arcangues, Ascain, Bassussarry, Bayonne, Biriatou, Ciboure, Lahonce, Mouguerre, Saint-Jean-De-Luz, Saint-Pee-Sur Nivelle, Saint-Pierre-d’Irube, Urrugne, Ustaritz, Villefranque.La décision de prise en considération cesse de produire effet si, dans un délai de dix ans à compter de son entrée en vigueur, l’exécution des travaux publics ou la réalisation de l’opération d’aménagement n’a pas été engagée.

Article 2. Le fuseau de mise à l’étude sur le département des Pyrénées Atlantiques est représenté sur des cartes issues de planches au 1/25000me pour ce qui concerne chacune des communes de l’article 1er ci-dessus. Ces cartes sont annexées au présent arrêté. Elles peuvent être consultées en préfecture des Pyrénées Atlantiques et à la Direction départementale des territoires et de la mer.

Article 3. A l’intérieur de ces zones ainsi délimitées et à compter de la publication du présent arrêté, un sursis à statuer pourra être opposé aux demandes d’autorisation concernant des travaux, construc- tions ou installations, dans les formes prévues aux articles L.111.7, L.111.8 et L.111.10 du code de l’urbanisme.

Article 4. Les maires compétents pour la délivrance des autorisations applicables aux constructions, aménagements, installations et travaux faisant l’objet d’un permis de construire, d’un permis d’aménager ou d’une déclaration préalable devront recueillir, conformément aux dispositions de l’article L.422-5 du code de l’urbanisme, l’avis conforme du représentant de l’Etat dans le département sur tout projet situé dans le fuseau de prise en considération.

Article 5. Une copie du présent arrêté sera notifiée aux maires des communes mentionnées à l’article 1er du présent arrêté et aux présidents des établissements publics compétents en matière de plan local d’urbanisme concernés, qui procéderont à la mise à jour des annexes des plans d’occupation des sols ou des plans locaux d’urbanisme en vigueur.

Article 6. Le présent arrêté sera affiché pendant un mois dans les mairies des communes concer- nées ou au siège des établissements publics compétents en matière de plan local d’urbanisme et, dans ce cas, dans les mairies des communes membres concernées. L’accomplissement de cette formalité sera constaté par certificat d’affichage dressé par les maires des communes ou les présidents des établissements publics. Le maître d’ouvrage procèdera de même à la publication de sa mention dans un journal diffusé dans le département précisant les lieux où il pourra être consulté.

Article 7. Le Secrétaire Général de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, le Sous-préfet de l’arrondissement de Bayonne, le Directeur Départemental des Territoires et de la Mer, les présidents des établissements publics compétents, les maires des communes mentionnées à l’article 1er du présent arrêté et le Directeur de Réseau Ferré de France sont chargés, chacun en ce qui le concerne de l’exécution du présent arrêté qui sera inséré au Recueil des Actes Administratifs des services de l’Etat dans le dépar- tement des Pyrénées-Atlantiques, et consultable à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques et dans les communes concernées.

Article 8. Le présent arrêté peut faire l’objet d’un recours devant le tribunal administratif de Pau dans un délai de deux mois à compter de sa publication au recueil des actes administratifs.
Articles parus dans la presse locale
Article écrit par Jean-bernard GILLES, Sud-Ouest, 8 novembre 2010

La facture LGV
Le financement de la ligne à grande vitesse ferroviaire Tours-Bordeaux est d'une telle complexité que quelques obstacles peuvent toujours survenir. Mais on peut aujourd'hui espérer raisonnablement la signature d'un contrat de concession entre Réseau ferré de France (RFF) et Lisea, le groupement retenu pour la construction de la ligne nouvelle Tours-Bordeaux, pour la fin de l'année, soit quelques jours après l'inauguration de l'autoroute A65 entre Langon et Pau. Un joyeux Noël pour les adeptes et les futurs usagers de ces grandes infrastructures toujours plus nombreux (mais silencieux) que les opposants.
Plusieurs signes militent désormais pour une issue prochaine de ce long dossier. Jean-Louis Borloo sera à Toulouse cette semaine. Il espère y boucler l'accord financier avec Martin Malvy. Le président de la Région Midi-Pyrénées ne lâchera pas les 281 millions d'euros qui sont demandés aux collectivités de sa région sans un engagement précis de démarrage de travaux sur le tronçon Bordeaux-Toulouse. Une garantie de continuité dont les termes seront pesés. Selon nos informations, une réunion à Matignon aurait levé les derniers obstacles la semaine dernière. L'envoi de la convention financière acceptable par les 57 collectivités locales sollicitées pour le financement est imminent. L'accord des Pyrénées-Atlantiques n'est toutefois pas bouclé. Tandis que les Landes resteraient sur une position de négociation.
L'épreuve de vérité approche pour les promoteurs de ce cofinancement d'un genre nouveau. « C'est très compliqué avec autant de signataires, car des surenchères peuvent toujours se produire », soupire Claude Libermann, le médiateur, qui ne tient plus le manche de la négociation depuis que le cabinet de Jean-Louis Borloo en a fait son affaire. « Tout converge pour que nous soyons prêts à signer vers la mi-décembre le contrat de concession », indique-t-on à Réseau ferré de France. Ce sera peut-être un peu plus tard. On en connaît les contours désormais.
1 Facture lourde pour État et collectivités
Jamais, en France, L'État ou Réseau ferré de France n'auront à ce point sollicité autant de collectivités locales pour financer un projet hors de leur compétence. Les 57 collectivités locales (Régions, Départements et agglomérations) d'Aquitaine, de Midi-Pyrénées, de Poitou-Charentes, du Limousin et de la région Centre apporteront 1,5 milliard d'euros à Vinci sur huit ans, autant que l'État pour la réalisation de la ligne. « On peut le regretter, mais c'était la condition pour que la grande vitesse ferroviaire arrive », défend Alain Rousset, le président aquitain.
L'issue de l'appel à concessionnaire devrait se traduire au final par une contribution publique (en subventions) de 44 % environ, c'est vrai. Mais la facture LGV n'a jamais été aussi lourde pour les territoires, alors que les finances locales n'ont jamais été aussi tendues depuis les premières lois de décentralisation des années 80.
2 La forte implication de Réseau ferré de France
Le chiffre donne un peu le tournis, surtout quand on connaît le niveau de la dette (28 milliards d'euros) de l'établissement public industriel et commercial gestionnaire du réseau ferroviaire français. Réseau ferré de France investira 1,7 milliard d'euros dans la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. 1 milliard sera apporté à Lisea directement pour financer les travaux sur la ligne nouvelle. Le solde de 700 millions financera des travaux menés directement par Réseau ferré de France pour raccordements à la ligne nouvelle au nord et au sud ou la deuxième phase de la suppression du bouchon ferroviaire de Bordeaux.
Le jour du choix de Vinci, au printemps dernier, RFF connaissait le montant de son engagement. Et si l'entreprise ne peut prétendre à la perception de péages payés par les TGV sur la ligne nouvelle à proprement parler (ils iront à Vinci), elle se remboursera par l'augmentation du trafic induit par la grande vitesse entre Paris et Tours d'une part, et sur un alignement du montant des péages d'autre part, environ 20 euros du kilomètre par train. La SNCF la répercutera très probablement sur le prix du billet. « Nous misons sur une augmentation du trafic de l'ordre de 30 % », indique Pierre-André Coux, le chef de projet Sud Europe Atlantique à RFF. Il n'empêche. Cette répartition entre les deux entités (Vinci et RFF), appelée à se rembourser grâce aux péages, alors que les contributions de l'État et des collectivités sont des subventions, a choqué. Elle donne l'impression d'une baisse de la contribution de Vinci, « alors que nous sommes dans la répartition initiale issue de l'appel d'offres » assure le chef de projet. Vinci ne contribue que pour 30 % au financement de la ligne.
3 Ce qu'apporte Vinci, futur concessionnaire
Il faut être lucide. Si l'État a imposé la concession à Réseau ferré de France, dont les équipes auraient été ravies de conduire à son terme un tel projet, c'est qu'il n'avait plus le sou. Dur, quand on sait qu'il a payé avec la SNCF le Paris-Lille ou le Paris-Lyon sur ses propres deniers. « L'atout maître de la formule de la concession est, comme pour les autoroutes, l'apport de la trésorerie initiale nécessaire pour entraîner les banques et donc enclencher les travaux », rappelle Gilles Savary, vice-président du Conseil général de la Gironde.
Vinci apportera avec Axa et CDC Entreprises 700 millions en fonds propres à ce projet. Lisea finalise actuellement une difficile négociation bancaire. La Société générale, BNP Paribas, Carlyon et la Banque de Santander sont sur les rangs, en première ligne depuis le début avec Lisea. D'autres banques sont à la manœuvre. Car le groupement empruntera 3 milliards d'euros pour réaliser le projet. Les banques négocient très chèrement leur prise de risque. Le volet privé du financement n'est pas le plus simple à boucler. Mais le jeu en vaut la chandelle pour Vinci et ses partenaires. Il peut espérer une rémunération de ses capitaux investis de l'ordre de 15 % sur la durée de la concession, soit 50 ans. Tout sauf une mauvaise affaire.

Article écrit par Béatrice MOLLE, journal du pays basque, 05/11/2010

Réseau ferré de France étudie les hypothèses de tracé de la ligne à grande vitesse dans le fuseau de 1 000 mètres et selon le chef du projet Christian Maudet, le tracé définitif de la ligne entre Bayonne et Irun sera connu dans un an .

Jusqu'en janvier prochain RFF se consacrera donc à la recherche de plusieurs tracés et en corollaire, deux arrêtés préfectoraux ont été pris en direction des communes concernées. L'un portant sur les sondages géotechniques à effectuer chez les propriétaires éventuellement touchés qui devraient être réalisés du 15 novembre au 15 janvier sur les 40 kilomètres de la traversée en Pays Basque Nord. L'autre arrêté, intitulé «sursis à statuer,» qui pourra être opposé aux demandes d’autorisation concernant des travaux, constructions ou installations.

Permis de construire bloqués

Interrogé à ce sujet, Michel Hiriart, président de la Communauté Sud Pays Basque, nous a déclaré «que les trois Communautés de communes avaient décidé d'afficher en mairie le premier arrêté concernant les sondages. Quant au second arrêté, son arrivée est imminente. C'est un arrêté qui obligera toutes les communes à transmettre à l'Etat la demande de permis de construire, si la partie à bâtir se trouve sur les 1 000 mètres du fuseau, plus 250 mètres de chaque côté. Nous avons l'obligation de transmettre la demande à l'Etat qui la transmet à RFF. Ces derniers ayant la possibilité de surseoir à statuer. C'est-à-dire de repousser la décision en attente du tracé définitif.»

Quant à la question de savoir si les élus accepteront oui ou non d'afficher ce second arrêté (pour mémoire certaines communes n'ont pas installé les points de consultations de RFF), Michel Hiriart répond «nous l'afficherons, mais pour l'instant, nous devons nous réunir entre élus et voir ce que nous allons faire par la suite.»

Sondages illégaux selon le Cade

Pendant ce temps les associations du Cade opposées au projet de LGV affûtent leurs arguments. Le Cade se réunissait hier soir et préparait une contre-offensive. Un de ses responsables, l'Urruñar Pantxo Tellier, nous informait qu'un dispositif serait mis en place concernant l'arrêté permettant d'entreprendre des sondages chez les propriétaires. Le Cade appelle chaque propriétaire à les appeler, pour constater l'intrusion : «nous avons l'expérience des malheureuses victimes des autres régions et nous ne nous laisserons pas faire.»

Selon le Cade, l'arrêté préfectoral affiché d'ores et déjà en mairie et portant autorisation de pénétrer dans les propriétés privées en vue de réaliser les études géotechniques nécessaires à la réalisation de la LGV est tout bonnement illégal. Cet arrêté concernerait uniquement l'accès aux propriétés : or il faudrait prendre un arrêté d'occupation temporaire des propriétés privées afin de procéder à l'extraction de matériaux. L'accès permettrait par exemple seulement de prélever de l'eau dans une rivière. Le Cade devrait attendre les premiers sondages et faire constater la présence de machines, et donc le cas échéant entamer une procédure. L'argutie juridique consistera donc à faire le distinguo entre un accès et une occupation, l 'arrêté pris en cas d'occupation étant beaucoup plus lourd à prendre, car il doit citer l'ensemble des parcelles visées par les sondages.

Contacté par notre rédaction, RFF confirme sa position de réaliser environ 80 sondages des sols : «les arrêtés préfectoraux ont été pris en toute légalité. Nous n'agissons pas en toute impunité, ce sont les services de l'Etat qui agissent et nous respecterons ces arrêtés.»

Un calendrier inchangé

Manifestations, protestations en tous genres, RFF n'a en rien modifié son calendrier qui devrait aboutir selon ses dirigeants à une mise en service de la LGV en 2020.
Le projet en est donc à sa «seconde étape» indique RFF, et qui se terminera en fin 2011. Cette seconde étape est divisée en «trois phases» :
- la première jusqu'en janvier prochain, où plusieurs hypothèses de tracé seront envisagées.
- Seconde phase de janvier à juin 2011 qui comprendra la comparaison des hypothèses et la création d'un comité de pilotage qui retiendra un tracé jugé adéquat.
- De juin à septembre 2011, le tracé sera fixé définitivement et validé en octobre par un nouveau comité de pilotage.
Enfin, fin 2011 interviendra l'approba- tion ministérielle sur le tracé retenu. «Cette seconde étape consiste principale- ment dans la recherche du meil- leur tracé possible à l'intérieur du fuseau de 1 000 mètres prenant en compte les enjeux de territoire, confortés par la concertation.
Celui-ci représente une emprise comprise entre 80 et 100 mètres maximum.
Il sera ensuite soumis à l'enquête d'utilité publique», affirme RFF, pendant que le Cade prépare une grande manifestation pour le 11 décembre.

LGV: Historique
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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